Moins d'une semaine après le déclenchement de la Grande Guerre, le Régiment a fourni le premier commandant, 11 officiers et 357 sous-officiers et militaires du rang au Royal Montreal Regiment nouvellement formé (14 e Bon CEC). D'autres contingents ont été fournis à la PPCLI, au 13 e Bon (RHC), au 23 e Bon (RMR), au 24 e Bon (VRC) et au 60 e Bon (VRC), bataillons qui appartenaient tous au CEC.
Le lieutenant-colonel Meighen a cessé d'assumer le commandement à l'étranger du 14 e Bon et est rentré au pays en juin 1915. Il a annoncé en septembre que la constitution d'un bataillon du Régiment à l'étranger, soit le 87 e Bon CEC, avait finalement été autorisée.
Un recrutement intense a été entrepris le 23 octobre et, sept semaines plus tard, le bataillon avait été constitué et était prêt pour son entraînement d'hiver à la caserne de Saint-Jean, au Québec. Le Bataillon était unique en son genre, ses membres ayant été recrutés non seulement à Montréal, mais aussi dans l'ensemble du Canada (plutôt que dans les secteurs restreints où les autres bataillons du CEC étaient autorisés à chercher des membres). Il constituait une unité canadienne véritablement représentative. L'utilisation du titre Canadian Grenadier Guards était également particulière, puisque, selon la politique, les bataillons du CEC ne devaient pas porter à l'étranger le titre qui leur avait été donné au sein de la milice. Dans le cas des Canadian Grenadier Guards, une autoris ation spéciale avait été obtenue de Son Excellence le gouverneur général, SAR le duc de Connaught (le colonel des Canadian Grenadier Guards de 1904 à 1942). Celui-ci avait en outre autorisé le port de l'insigne des Canadian Grenadier Guards et, par l'entremise des Grenadiers britanniques, l'affectation, après l'arrivée du Bataillon en Angleterre, d'un officier et de quatre sergents de drill, dont le rôle était de préparer le 87 e Bon à servir en France et d'inculquer les traditions des gardes au sein du Régiment.
Le 87 e Bataillon est entré en France le 12 août 1916 et est demeuré sur le continent jusqu'en 1919. Au cours de la guerre, il a obtenu 17 distinctions honorifiques, et l'un de ses membres, le soldat J.F. Young, s'est vu décerner la V.C.
Après la bataille de la crête de Vimy en avril 1917, il est devenu extrêmement difficile de remplacer les bataillons anglophones de Montréal. (Quelque temps auparavant, le Régiment avait formé un deuxième bataillon du CEC, le 245 e Bon (CGG) qui, bien qu'il ait été déployé en Angleterre, n'a pas combattu en tant qu'unité, son personnel ayant servi à l'appui du 87 e Bon. De plus, le 87 e Bon avait fourni plus tôt, en août 1916, 300 Grenadiers au 1st (Ontario) Bn, CEC). Par conséquent, et pour maintenir les Canadian Grenadier Guards dans l'ordre de bataille, il a été décidé de muter le personnel restant du 60 e Bon (VRC) au 87 e Bon. Le 22 novembre 1918, SM le roi George V a accordé le titre de « gardes » aux soldats de la Brigade des gardes, distinction dont ont également bénéficié les Canadian Grenadier Guards.